Le maquis que l’Histoire avait oublié
 

La réaction allemande

Le 30 janvier 2007, par Gerard,

L’avance rapide des troupes débarquées en Normandie, puis le débarquement de Provence (à partir du 15 août) décident le haut état-major allemand à utiliser le massif des Vosges comme ultime rempart de ses frontières "naturelles". Ce qui implique de renforcer le "Schutzwall West" et de "nettoyer" ses arrières

C’est ainsi que mi août le haut commandement SS de Strasbourg ordonne à l’état-major d’Epinal de mettre immédiatement sur pied un plan d’anéantissement préventif des maquis vosgiens, de celui de la haute vallée du Rabodeau avant tout [1]. Une volonté personnelle d’Himmler, maintenant omnipotent, totalement incontournable et plus pressant encore depuis l’attentat de Stauffenberg contre Hitler (20 juillet 44) [2] C’est l’opération "Wald Fest" (ou Waldfest) [3]


Une "avant première" démarre ici le 17 août [4] Elle vise le GMA Vosges et la Résistance de Moussey et environs (il y a eu en effet là, le 13 août, le parachutage des avant gardes de l’Opération Loyton et des premières armes destinées au Maquis). Elle comprend 2 étapes principales [5] :

Etape du 17 août :

Vaste opération militaire de "ratissage", alliant Einsatz Kommandos, Feld Gendarmerie et Wehrmacht. Le but est de briser la résistance vosgienne du Massif du Donon : briser le GMA Vosges, barrer la montée en puissance du 1er RCV FFI, mettre la main sur les maquisards locaux, capturer les parachutistes du SAS, récupérer les armes acheminées au Jardin David lors du parachutage du 13 août. Illustration :

- 3 formations allemandes, parties de la vallée de Celles, du Donon et de Moussey, convergent vers les Bois Sauvages
- Etonnamment bien informées, elles se dirigent directement vers le secteur Lac de la Maix et Jardin David, position du GMA Vosges tenue à ce moment là à la Fontaine des Colas Lorrains par la 2ème centurie du lieutenant "Félix" (Lefranc) [6]. S’y trouve en accompagnement une équipe de parachutistes Anglais (2ème SAS, F Phantom et SOE Jed Jacob), regroupée autour du captain "Goodfellow" (de Lesseps, Français)...
- Bien que prévenus par le garde chasse Albert Freine, les hommes tardent à se replier, se dispersent et ne peuvent tous éviter l’affrontement. On compte plusieurs morts, blessés et capturés lors de la débandade. Les parachutistes Anglais décident un repli stratégique vers Moussey (maison forestière des Chavons, basse de Lieumont, le Harcholet) où les assisteront des hommes de la "centurie de Moussey" (6ème du GMA Vosges)...
- Des effets personnels sont "oubliés" sur place. Parmi ceux ci, au moins 2 (en toute logique 3) sacoches d’officiers d’état-major du GMA ! C’est là, parmi les plans et projets du GMA Vosges, que sera trouvée une liste de noms dite "La liste oubliée" [7]. Funestes conséquences, dans les heures à venir... et par la suite

Etape du 18 août :

Vaste "opération de police", alliant elle aussi Einsatz Kommandos et Wehrmacht. Le but est de conclure l’opération de la veille en mettant la main sur les gens des villages d’ici qui "sont du maquis" (les rescapés de l’opération de la veille, les participants du parachutage du 13 août, d’autres "terroristen" si possible). Illustration par l’exemple de Moussey, le village le plus touché dans cette affaire :

- Tôt le matin, les troupes allemandes investissent le village et installent leur quartier général à la « Crèche »
- Le commandant SS (Lt Karl Fischer, Alsacien du BDS Alsace-Bade) exige 10 otages. Jules Py, le maire, 8 conseillers municipaux et Achille Gasmann, le curé, se désignent et sont enfermés dans les sous-sols (les noms dans document PDF ci dessous "Témoignage de J. P. Houel")
- Puis tous les hommes (a priori de 17 à 60 ans) sont convoqués par l’appariteur du village Louis Marchal, placé sous bonne garde dans un side-car allemand, ratissés et rassemblés à la « Crèche »
- Vers midi, faute de trouver des preuves suffisantes, Karl Fischer fait relâcher tout le monde
- Vers 17 heures, tous les hommes sont à nouveau convoqués au même endroit. Parce que, entre temps, la "liste oubliée" évoquée ci avant a été établie, au moins dans son essentiel (voir Note 7)
- Les suspects sont arrêtés et enfermés sur place
- Le lendemain matin, 52 hommes dont toute la brigade de gendarmerie et une partie des gardes forestiers sont emmenés par camions vers le camp de Schirmeck (certains transiteront par les officines du SD que sont le "Château de Belval" et la "Maison Barthélémy" de Saales). Ils y retrouveront Georges Evrard, arrêté individuellement à sa maison forestière des Chavons, emmené à Allarmont, et rescapé (il n’a jamais su pourquoi) de l’exécution des hommes enfermés au "local des Pompes" (10 fusillés sur les 12 hommes s’y trouvant). René Valentin, le chef de la 6ème centurie, seulement "attrapé" le 23, les y rejoindra
- Ils subissent là interrogatoires et tortures. Aucun ne « parle », et 44 sont désignés "pour les camps" [8]. 36 du village n’en reviendront pas (39, "clandestins" compris)

3 des 4 parachutistes Anglais capturés sont exécutés [9]. Gardé à Schirmeck puis emmené dans de successives prisons du SD, le 4ème (Sgt Seymour) sera retrouvé dans un camp de répression en Allemagne, très amoindri mais vivant

C’est la première des 3 vagues d’arrestations de masse de la vallée du Rabodeau [10]. Elle engloutit une centaine d’hommes dont plus de la moitié sont de Moussey, une trentaine des villages voisins, une quinzaine du haut de la vallée de la Plaine, et 4 parachutistes Anglais [11]


Elle n’étouffe cependant en rien la détermination de l’état-major allié, ni celle des hommes d’ici. Le GMA Vosges élargit son recrutement dans la vallée de la Plaine. Le colonel Marlier continue de renforcer le 1er RCV FFI et restructure la haute vallée du Rabodeau autour du 1er bataillon (dit aussi 3ème) qu’il confie au garde général des Eaux et Forêts Denis Fondeur... Et les parachutages reprennent ici 2 semaines plus tard, plus massifs encore en hommes du SAS et armement que celui du 13 août

La contrepartie en sera le renforcement proportionnel de la détermination allemande à tout entreprendre pour anéantir la Résistance d’ici et ne pas se faire "ronger" de l’intérieur... L’opération Wald Fest va donc battre son plein [12]. Et les arrestations, perquisitions, exécutions, rafles, ne feront plus que se multiplier au fil des jours. Elles dureront jusqu’au 22 novembre, date de l’arrivée de la 100ème division d’infanterie US dans la vallée : la Libération [13]

La déportation du 18 août [14] n’est ainsi que le début d’une implacable et longue traque. Son point culminant sera les 2 gigantesques "rafles antiterroristes" et déportations du 24 septembre puis des 5 et 6 octobre, suite logique [15] . Le tableau présenté dans la rubrique Bilan humain résume la "facture globale" : la vallée du Rabodeau devenue "la vallée aux 1 000 déportés" ! Cliquer

Notes :

[1] La réunion du 24 août à la Kommandantur d’Epinal, présidée par le général von Kirchbach, a pour but "d’industrialiser" le plan d’action décidé oralement quelques jours plus tôt, et effectivement démarré ici le 16 août. Détails dans document PDF de bas de page "Directive allemande...

[2] Himmler se rend à Gérardmer, villa Chevalier, le 6 septembre. Il a réuni là les chefs d’état-major de la Wehrmacht et de la SS et vient imposer son plan de maintien "à tous prix" du front, maintenant à seulement quelques kilomètres

[3] Pour rester précis à propos de ce que recouvre la dénomination Opération (Aktion en allemand) "Wald Fest" (ou Waldfest) on considère généralement 2 étapes :
- L’opération dite "Plainetal", qui démarre le 16 août et est menée par le BDS Alsace-Bade contre le GMA Vosges, principalement "logé" dans la vallée de la Plaine. Cette phase est le plus souvent dénommée Waldfest 1
- L’opération dite "Waldfest", qui démarre dans les faits le 1er septembre et est destinée à "nettoyer" l’ensemble du territoire couvert par l’Opération Loyton. Son étendue et les moyens mis en oeuvre font que sont mis en jeu les 2 BDS, Alsace-Bade sous la coupe du Dr Isselhorst, et BDS France sous la coupe du Général SS Karl Oberg. Cette 2ème opération, extension de fait de la 1ère, est le plus souvent dénommée Waldfest 2
- Dans les faits et sur le principe l’une et l’autre ne sont qu’une même opération, mûrement réfléchie, calculée et menée sur le long terme, de mise à genoux de la résistance du secteur. D’où son nom global et le plus communément donné, utilisé par Isselhorst lui-même, de Waldfest tout court

BDS signifie "Befehlshaber der SicherheitsPolizei und der SicherheitsDienst", en Français Commandement supérieur des polices de sécurité Sipo et SD d’un territoire

Cette opération Waldfest telle que considérée comme un tout durera un peu plus de 3 mois (jusqu’au jour de la Libération d’ici, le 22 novembre). Progressivement articulée autour des 2 BDS Alsace-Bade et France et directement contrôlée par l’état-major de Himmler. Pour en savoir plus, se reporter à l’article dédié dénommé L’Aktion Waldfest. Pourquoi et comment. Cliquer

[4] 3 faits notables se sont produits la veille, 16 août : 1/ Le général Seeger (a priori lui et non pas von Kirchbach) et son état-major viennent s’installer sur place (Allarmont, hôtel de l’Arbre Vert), appuyés de forces de la Feld Gendarmerie de Saint Dié 2/ La garnison du Donon forme des "commandos de chasse" 3/ Un groupe motorisé d’Allemands s’arrête à la gendarmerie de Moussey, puis prend au bout d’une 1/2 heure la route du Hantz (il s’agissait en fait d’hommes du Kommando Schöner venant renforcer l’équipe de "permanents" du SD du château de Belval)... Les dispositions étaient donc prises en vue de faire face à un "travail" de grande ampleur, préparé, prévu à court terme. Constatons par ailleurs qu’on ne monte pas une opération d’une telle importance sans avoir préalablement disposé de renseignements circonstanciés et à jour... !

Le château de Belval, réquisitionné, était un QG du Sipo/SD, cousin de la "Maison Barthélémy" de Saales, autre officine locale des interrogatoires, centre de transit vers le camp de Schirmeck, lieu de décision d’exécutions "urgentes" à effectuer localement (il y aura aussi "la Crèche" de Raon l’Etape, "l’école du Vivier" d’Etival-Clairefontaine... )

[5] L’organisation de l’opération :
- Le "patron" est le Docteur Erich Isselhorst, basé à Strasbourg et chef du BDS Alsace-Bade
- La direction opérationnelle est installée dans un bureau du camp de Schirmeck
- Son "manager" est le Lt colonel SS Wilhelm Schneider, délégué pour la cause du Dr Isselhorst. Il est assisté de Julius Gehrum et d’Alphonse Uhring (ancien commissaire principal de la PJ en Alsace avant guerre !). Un état-major conséquent et des Einsatz Kommandos spécialisés assurent l’exécution
- Schöner et son Einsatz Kommando (BDS Alsace-Bade) viennent prendre place le 16 août au château de Belval, directement sous les ordres de Wilhelm Schneider. Ils y resteront jusqu’au 28, date de conclusion de "l’affaire du 18 août" proprement dite (pour la suite ce sera Teufel)
- La Feld Gendarmerie de Saint Dié apporte un soutien non négligeable, par exemple au QG d’Allarmont
- Les troupes de la Wehrmacht commandées par le général von Kirchbach sont en partie affectées au "maintien de l’ordre", la 405ème division d’Infanterie commandée par le général Seeger* est principalement affectée aux opérations de chasse contre les maquis vosgiens, en coordination avec les Einsatz Kommandos des 2 BDS
- L’énorme cohorte des supplétifs français maintenant aussi repliée ici et de fait en situation de "chômage technique" profite de l’aubaine pour offrir ses services à n’importe quel prix, le PPF collabore. Ils ne décevront pas leurs employeurs
- Un co-directeur opérationnel sera un peu plus tard le général SS Carl Oberg, chef suprême des polices de sécurité France. Son adjoint opérationnel sera le Lt colonel Suhr, devenu chef du BDS France en remplacement de Helmut Knochen disgrâcié. Repliés à Nancy mi août puis ici mi septembre, ils installeront en effet leur PC à Fraize Plainfaing (jusqu’au 8 novembre)

Pour en savoir plus sur l’opération Waldfest en général, se reporter à l’article dédié dénommé L’Aktion Waldfest. Pourquoi et comment. Cliquer

* Willy Seeger, condamné en 1946 pour crimes de guerre, est mort dans son lit en 1981

[6] Pour être plus précis, cette "Fontaine des Colas Lorrains" est au centre d’un rectangle délimité à l’Est par une ligne "route de Prayé"/"Poteau 41", "Chemin du 4 X", "Haut du Bon Dieu", "Lac de la Maix", Vexaincourt, à l’Ouest par "route de Prayé"/"Pont de Pierre", "Jardin David", "route (forestière) de la Haute Côte", "Les Marcassins", Allarmont. Ce centre, un grand plateau, domine à cet endroit la chaîne de montagne qui descend de Prayé-Donon au Nord-Est vers Moyenmoutier-Raon l’Etape au Sud-Ouest. Ce plateau est à mi distance des vallées de la Plaine et du Rabodeau. Traversé dans sa largeur par un impressionnant maillage de chemins, il permet de relier tous points des villages de la vallée de la Plaine, du village de Moussey et tous ceux de la vallée du Rabodeau. Traversé dans sa longueur par une ancienne voie romaine "de crête", la "route des Bannes" et une multitude voies parallèles, il permet de relier la région Moyenmoutier-Raon l’Etape (ouverture vers Saint Dié, Rambervillers, Epinal, Nancy... ) à celle de Prayé-Donon (ouverture vers Sarrebourg, la vallée de la Bruche et Strasbourg, Sélestat... ). Un exceptionnel noeud de communication, placé "en sommet", un endroit stratégique donc, déjà compris et mis à profit comme tel par l’état-major allemand de 14-18. La consultation d’une carte d’état-major finira d’éclairer le propos

[7] On peut estimer que la vraie "liste" utilisée par les Allemands au moment des arrestations comportait une centaine de noms, en tous cas qu’elle a eu pour conséquence de permettre d’arrêter ceux qui les portaient

Elle semble en toute logique ne pas être précisément "l’ordre de bataille" de la 6ème centurie du GMA dite "de Moussey". Celui ci reconstitué après guerre par Achille Gasmann comporte 69 noms (52 de Moussey, dont la plupart n’ont été "inscrits" au GMA qu’après guerre !... ) et 17 des villages voisins des vallées du Rabodeau et de la Plaine. Notons que la composition de celle ci est incomplète : la majorité des noms inscrits est effectivement celle d’arrêtés lors de "l’affaire du 18 août" et de présents au parachutage du 13 août... mais s’y trouvent les noms d’hommes ayant eu peu de liens directs avec les évènements du moment, ne s’y trouvent pas des hommes qui en ont eu, et il y manque des noms (voir cette liste dans document PDF ci dessous dénommé "La liste oubliée")

La liste réellement exploitée par les Allemands est en toute vraisemblance une liste "consolidée", établie sur la base de leur cueillette de renseignements : ceux trouvés dans les sacs des officiers de l’état-major du GMA et ceux d’autres de sources diverses dont celles obtenues au cours des interrogatoires (la plupart sous la torture)

L’important est de retenir que des noms sont tombés dans les mains des Allemands, et que peu des hommes qui les portaient étaient de retour à la maison en 1945

[8] L’opération des 16/17/18 août et jours suivants est conduite principalement, pour la partie police par le Einsatz Kommando SD d’Erwin Schöner (BDS Alsace-Bade) venu spécialement de Raon L’Etape, pour la partie militaire par des détachements de la Wehrmacht spécialement "affrêtés" : 405ème division du général Seeger, et par la Feld Gendarmerie de Saint Dié. Le général von Kirchbach, patron de la Wehmacht locale et basé à Epinal, ne semble pas ici personnellement impliqué

[9] Notons que Wallace Hall (2ème SAS) a en toute vraisemblance été exécuté discrètement "en chemin" après son extraction de Schirmeck, puis incinéré dans le crématoire du Struthof ("emmené de Schirmeck vers le Struthof et n’ayant jamais réapparu" indique le rapport Barkworth/Missing Parachutists)

[10] A noter que près d’un millier de personnes de la vallée du Rabodeau seront "requises" comme travailleurs en novembre, la plus grosse part pour la fortification du "Schutzwall West", les autres pour aller travailler dans les usines d’Allemagne (Manheim et sa région principalement). L’impact se ressentira principalement dans le secteur Moyenmoutier et villages environnants (le même "système" fonctionnera dans les secteurs contigus (Raon l’Etape, Etival, Saint Dié... ), et ailleurs. Voir document PDF de bas de page

[11] Le sort de ces hommes, précisions :

Liste des hommes enregistrés au camp de Schirmeck (notons que cette liste n’est pas tout à fait complète et comporte des erreurs). Site de la FMD. Cliquer

Un peu plus de 10 de ces hommes sont libérés après quelques jours

Environ 40 sont triés et "mis à part" le 23 août
- 35 (17 de Moussey dont 3 "clandestins", 5 de Belval, 4 de Le Saulcy... ) sont montés de Schirmeck au Struthof par camion le soir du 1er septembre, en même temps que 106 résistants dont 15 femmes du "Réseau Alliance" (témoignage dans dernier document PDF de bas de page). Tous sont conduits au block crématoire et exécutés dans la nuit, l’effroyable "nuit du 1er au 2 septembre" : 141 exécutions "à la chaîne" !
- Au moins 3, Maurice Fister de Belval, Camille Léonard de Vexaincourt, René Josselin, maquisard de Le Saulcy Belval venu de Lyon, sont morts au camp de Schirmeck des tortures infligées au cours des interrogatoires pratiqués par Schöner lui-même, des hommes de son Einsatz Kommando et par l’équipe résidente de Wald Fest (peut-être que Arnaud Baratchart, capturé grièvement blessé au Lac de Maix, voire d’autres, ont subit pour les mêmes raisons le même sort)

Les autres resteront enfermés à Schirmeck et seront déportés un peu plus tard en Allemagne

10 des 12 hommes enfermés à la Salle des Pompes d’Allarmont sont exécutés dans les bois environnants, les 2 autres sont emmenés à Schirmeck

Des 4 parachutistes Anglais capturés dans l’opération 3 seront exécutés et 1 gardé prisonnier :
- Sgt Lodge/Friedlander (2ème SAS) : exécuté sur place dans les bois de Moussey, amené au village et inhumé par le curé Gasmann dans le cimetière communal
- Sgt Davis (F Phantom) : dénoncé par le curé de Saint Jean du Mont auprès duquel, quasi mort de fatigue et de faim, il était venu demander protection. Arrêté, amené au château de Belval, puis exécuté au "Calvaire" (bois de Moussey). Son corps sera retrouvé par Albert Freine au printemps 45
- Pct Hall (2ème SAS) : amené au camp de Schirmeck. Son corps ne sera jamais retrouvé ("disparu" sur le parcours Schirmeck Struthof, voir note 9)
- Sgt Seymour (SOE Jed Jacob, transmetteur radio) : amené au camp de Schirmeck, interné dans des geôles du SD, il finira, vivant, dans un camp de répression en Allemagne. Il sera le seul survivant des 40 parachutistes Anglais capturés de l’opération Loyton

A noter que la 6ème centurie du GMA Vosges dirigée par René Valentin - la "Centurie de Moussey" - se retrouve saignée à blanc... et pour cause (noyau dur du parachutage du 13 août). Ses quelques "non capturés" intègreront une nouvelle "Centurie de Moussey", formée quelques jours plus tard autour du lieutenant du Génie Jean Granjon (chef du "chantier forestier" installé depuis 1 an à Moussey), attachée au 1er RCV FFI du colonel Emile Marlier

A voir ou écouter :
- Voir les documents PDF ci dessous dont Les "Hommes du 18 août" exécutés au Struthof
- Struthof 31 août 2014, l’exceptionnelle commémoration du massacre de la nuit du 1er/2 septembre 44. Cliquer
- Ecouter un témoin de ce massacre (Radio France, extrait du dossier spécial d’Olivier Vogel réalisé en 1995). Nota : ce dossier n’est maintenant plus en ligne et il est nécessaire d’en acquérir le DVD. Cliquer pour en savoir plus

En voici un court résumé : le témoin, Max Nevers, est un détenu de la cuisine du camp qui a apporté dans la salle d’exécution du crématoire le café chaud réclamé par l’équipe des exécuteurs. Ce qu’il a pu voir en traversant la salle (bien que et pour cause faisant à la fois vite et celui qui ne regarde pas) : des pendus aux crochets du plafond, des morts en désordre par terre, des hommes serrés l’un contre l’autre visiblement en attente de leur tour, du sang partout... au milieu de tout cela des SS qui s’agitent en grognant, en partie débraillés... Rappel : dans ce même endroit du "block crématoire", cette même nuit, seront en fonction des moyens et du temps disponibles pendus ou abattus d’une balle 141 résistants : 106 (dont 15 femmes) du réseau Alliance et 35 du maquis d’ici

[12] Une mention toute particulière sera bientôt à attribuer au "Kommando Ernst" (voir document PDF dans rubrique "La Chasse à l’homme"). Replié d’Angers, où il a été responsable de plus de 8 000 arrestations, il devient, avec le Kdo d’Erich Wenger, un fer de lance de l’opération Wald Fest ici. Sa redoutable efficacité permettra d’allier Einzatz Kommandos et supplétifs Français, Feld Gendarmerie, Wehrmacht... pour infitrer les réseaux comme pour mener rondement les rafles et déportations du 24 septembre dans les villages du haut de la vallée. Puis celles des 5 et 6 octobre à Senones et Vieux Moulin, renforcé là d’hommes d’un détachement du Kdo Wenger installé sur place, ainsi que du détachement de Celles sur Plaine du Jagds Kommando de Helmut Retzek

Quant au Kommando Knab, SD de Lyon replié, il participera aux rafles de travailleurs forcés de Moyenmoutier et environs en même temps qu’au saccage et pillage de la ville du 9 novembre jusqu’au jour même de la Libération. (Bio sommaire de Werner Knab. Cliquer )

[13] Libération de la vallée du Rabodeau par la 100ème division d’infanterie US. Son histoire. Cliquer

[14] Sur la déportation du 18 août, en plus des documents joints ci dessous, voir dans rubrique Récits de rescapés les témoignages de Jean Vinot, Bernard Py, Aimé Vigneron... dans rubrique Témoignages le récit de Raymond Benoit de Le Saulcy intitulé La Résistance à Le Saulcy-Quieux...

[15] Le contexte a en effet rendu inévitables ces 2 rafles et déportations de masse du 24 septembre puis des 5 et 6 octobre. Ne réussissant pas à désorganiser les rouages ni capturer les chefs significatifs (ou faire "parler" assez les capturés) par des moyens "classiques", les Allemands se sont résolus à utiliser la solution radicale de la déportation des hommes valides des villages... Comment faire en effet plus efficace pour "domestiquer la population" et "exterminer cette préoccupante bande de terroristes" (traduction de rapports allemands)

Ces 2 autres déportations, les 2 "grandes" déportations comme on les nomme ici, font l’objet d’un article éponyme à part, placé dans la rubrique Histoire d’ici. Cliquer

 

Galerie d'images

Le château de Belval Opération dite du 18 août Opération dite du 18 août Opération dite du 18 août Déportation du 18 août Opération dite du 18 août Opération dite du 18 août Les "Hommes du 18 août" exécutés au Struthof. Mise à jour Crématoire du Struthof. Rappel de "La nuit du 1er au 2 septembre (...)
 

Documents joints à l'article

Directive allemande du 25 août 44
PDF | 248.8 ko | document publié le 16 octobre 2008
Prémisses de l’opération "Wald Fest"
Moussey. Arrestations et Déportation du 18 août 44
PDF | 1.9 Mo | document publié le 6 novembre 2008
Témoignage de J. P. Houel
Opération du 18 août
PDF | 213.6 ko | document publié le 30 décembre 2009
Rapport des RG
Arrestations et Déportation du 18 août
PDF | 257.5 ko | document publié le 8 mars 2010
Les gendarmes de Moussey
Le Château de Belval
PDF | 1.6 Mo | document publié le 9 octobre 2011
Siège de la Gestapo
Maurice Fister
PDF | 1009.3 ko | document publié le 25 août 2013
Mort sous la torture au camp de Schirmeck
"L’Affaire du 18 août" 44
PDF | 624.4 ko | document publié le 10 avril 2014
La "liste oubliée" + Georges Evrard + 6ème centurie
Les "Hommes du 18 août" morts à Schirmeck et exécutés au Struthof
PDF | 1.2 Mo | document publié le 2 septembre 2014
En fait ils étaient 35 + 3 + 1. Explications
Les "Hommes du 18 août" morts à Schirmeck et exécutés au Struthof
PDF | 1.7 Mo | document publié le 8 octobre 2014
Le "Mur des visages"
Les "Hommes du 18 août" exécutés au Struthof
PDF | 877 ko | document publié le 3 mars 2015
Leur départ du camp de Schirmeck, soir du 1er septembre 44. Témoignage
Réquisitions de main-d’oeuvre de novembre 1944
PDF | 115.6 ko | document publié le 10 janvier 2017
Ordre de réquisition du 4 novembre (document source Liliane Jérome)

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9 - Albert Fäh. L’odyssée des maquisards de Grandrupt
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